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Des dealers tabassés à Genève (CH) !
Dans le quartier de la Servette à Genève (CH), une milice civile de surveillance contre la criminalité, qui y effectue régulièrement des patrouilles nocturnes, n’a pas hésité samedi soir dernier à frapper trois dealers africains pour les chasser du parc public de la Résidence Schaub-Forêt où ceux-ci faisaient en toute impunité leur commerce illicite depuis plusieurs jours. Les toxicomanes présents ont été également expulsés sans ménagement. Une certaine quantité de drogues aurait été saisie, puis détruite par les intervenants. Les délinquants auraient été délestés, par ailleurs, de leur argent, de leurs téléphones portables et d’un couteau à cran d’arrêt.
Bien entendu, les trafiquants, sans doute des requérants d’asile ou des clandestins, et leurs clients ne sont pas allés déposer plainte à la police contre leurs agresseurs. Les témoins de la scène non plus. Les habitants dudit lotissement, quant à eux, ont approuvé sans réserve cette opération punitive tout en déplorant, néanmoins, que leur régie n'ait pas agi en conséquence pour régler ce problème. Leur parc a retrouvé aujourd’hui toute sa quiétude. Pour combien de temps ?
L’existence tout comme les agissements de cette milice privée d’autodéfense, qui a pour nom Geneva Security Guard, sont inacceptables dans une démocratie moderne. Les risques de dérapages, d’abus et d’accidents, que cela comporte, sont trop grands. Certes, le particulier peut assuré librement sa propre sécurité et celle de ses biens. De même que tout un chacun peut retenir l’auteur d’un délit, par la force si nécessaire (cf. art. 121-122 CPP-GE), jusqu’à l’arrivée de la gendarmerie qui procédera à l’arrestation du criminel. Mais, en regard du droit, la loi interdit au justifiable de se faire justice lui-même. Dans l’incident concerné, ces Rambos avec leur justice expéditive ont manifestement franchi la frontière de la légalité en commettant plusieurs infractions au Code pénal suisse, ce sans parler du non respect des droits constitutionnels de leurs "victimes".
Interrogé le chef de cette milice, un ex-brigadier de Securitas qui souhaite pour l’heure garder l’anonymat, rétorque «Tout ce que nous voulons, c’est la sécurité de nos citadins ! Il est évident que notre police cantonale et les ASM, par manque d’effectifs et de moyens, ne peuvent pas être partout en l’état actuel. Nous entendons suppléer, en partie, à cette défaillance…, en tout cas dans certains lieux publics peu sûrs, afin de prévenir agressions, vols, déprédations et trafics en tout genre […] Il nous arrive, par exemple, d’évacuer des SDF, Roms ou sans-papiers qui squattent les halles et caves d’immeubles. Nos vigiles effectuent, d’autre part, le gardiennage de plusieurs propriétés sur la rive gauche.» Peu volubile, l’homme tient, toutefois, à préciser : «Notre milice, fondée en mars 2009, est une association à but non lucratif et apolitique, composée de bénévoles dont un bon tiers sont d’anciens agents des forces de l’ordre, de la PJ ou de sociétés de services de sécurité ou des militaires de carrière à la retraite. Elle a pour devise : Unus pro omnibus, omnes pro uno, à l’instar de celle de la Suisse […] Nous oeuvrons toujours non armés, bien que plusieurs d’entre-nous possèdent un permis de port d’armes. De plus, nous sommes tous formés aux sports de combat à mains nues.» Et d’ajouter en pointant un index vindicatif: «Vous savez les racailles ne nous font pas peur… C’est eux qui doivent nous craindre !» A la question de savoir si la GSG bénéficie d’une autorisation cantonale pour exercer ses rondes, notamment sur le domaine public. L’individu, un sourire narquois au coin des lèvres, lâche un laconique «No comment.»
On apprend aussi que des sections de cette garde populaire seront créées prochainement dans d’autres zones sensibles de la Cité de Calvin, telles que les Pâquis, les Eaux-Vives ou encore Plainpalais ainsi qu’aux Avanchets et au Lignon dans la commune de Vernier. Une permanence de la GSG, avec centrale d'alerte, et un portail Internet dédié seront également ouverts sous peu à l'intention des habitants. Ses prestations seront évidemment gratuites. Enfin, Les miliciens de la GSG arboreront dès janvier 2010 un uniforme, avec écusson et insignes de grade, dessiné par une styliste de l’HEAD de Genève. C'est après m'avoir donné ces dernières informations que le phalangiste met fin abruptement à l'interview et me quitte, entouré de ses sbires, en faisant le salut de Kühnen.
Cette formation paramilitaire, qui compte déjà une centaine de membres et de sympathisants, va-t-elle faire l’objet d’une enquête judiciaire de la part du Procureur Daniel Zappelli ? En tout cas, l’Etat genevois, en particulier le Département des institutions de Mr Laurent Moutinot, ne devrait pas voir d’un bon œil la multiplication de ces patrouilles citoyennes, au contraire de la population qui, ne se sentant plus assez protégée par sa police face à l’insécurité croissante, plébiscite ces sentinelles, ce quand bien même leurs méthodes musclées s’avèrent discutables pour ne pas dire plus. On ne peut nier que leur présence sur le terrain a un effet dissuasif certain.
Rappelons qu’à l’étranger, dans certains pays comme les Etats-Unis ou l’Italie, les milices civiles de surveillance sont tolérées.
Interpellés par courriel sur cette affaire et, plus largement, sur la problématique des milices privées qui émergent à Genève, ni Mr Laurent Moutinot ni la Police cantonale n’ont dénié me répondre au moment où j’écris ces lignes.
© Franco Maiullari, le 19 août 2009. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n’est autorisée qu'avec l’accord écrit préalable de l’auteur.
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Pour faire vers ce communiqué de presse http://www.generalite.com/?10184-des-dealers-tabasses-a-geneve-ch
